Influence

Oeuvre à l’effigie de M. Yvon Deschamps

L’une des figures marquantes de mon enfance est sans contredit celle de M. Yvon Deschamps! La raison est fort simple, vous m’avez permis de me démarquer en faisant rire les autres. À la maison nous avions une cassette que j’écoutais et réécoutais et que j’avais apprise par cœur.

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Plus tard, pendant ma vie adulte, je suis devenu un mordu d’humour, un vrai. J’ai même fait, pendant une courte période de ma vie, de l’humour amateur. Je suis monté sur les mêmes planches que Jici Lauzon, Alain Dumas, Patrick Huard, Jean-Michel Anctil, Mario Jean, et compagnie, mais ce n’était pas ma branche. Malgré tout, je savais que j’étais un artiste, je le sentais, car tout jeune j’avais reçu cette influence !

J’ai depuis trouvé ma voie, celle d’une passion ardente et enrichissante qui me ramène à vous trente cinq ans plus tard, pour en quelque sorte, boucler la boucle et officialiser l’artiste en moi.

L’honneur est grand et ressenti, tout autant que le défi à relever, car créer un bâton emblématique pour M. Yvon Deschamps, avec la complicité de Judi Richards, ne se fait pas en criant lapin.

À travers mes yeux, l’homme est une légende vivante et la dame sait ce qu’elle désire !

Il aura fallu plusieurs courriels, pas moins d’une vingtaine, avant de cerner l’homme, de trouver la  thématique idéale, le bon symbole, le meilleur concept. L’amour de la dame pour l’homme est sans équivoque, rien ne doit se faire au hasard et ça c’était stimulant.

Voici donc, dans le détail votre bâton emblématique en commençant par le pommeau.

En raison de votre intérêt pour Hubert Reeve et Stephen Hawkins, l’univers, les planètes, la vie, la mort et toutes ces questions existentielles que l’on se pose, l’idée pour votre pommeau s’imposait d’elle-même.

À compter d’aujourd’hui, lors de vos prochaines marches, vous aurez sous les yeux un grain de sable de cet univers qui nous entoure, un astre unique en son genre où le mot vie prend un sens particulier dans cette immensité sidérale.

Ensuite, il a été question de la sagesse et la philosophie qui vous habitent. Comme celles-ci ne viennent qu’avec le temps, j’ai choisi de donner à votre bâton des traces de vécu.

À partir du pied de votre bâton et tout au long de celui-ci, vous  trouverez des fissures que j’ai soigneusement sculptées et oxydées, afin de les noircires, pour donner au bâton une allure de moyen-âge. Le bâton d’un sage ne peut qu’avoir cette allure me suis-je dis!

La couleur elle, est le fruit d’une journée de travail à mélanger et dissoudre des pigments dans l’huile pour trouver le juste ton. Une fois la couleur appliquée, douze couches d’huile ont été ajoutées avec un ponçage soigneux entre chaque. J’ai fais le choix du cerisier pour la confection de votre bâton emblématique, en raison de sa couleur et de sa chaleur.

Évidemment puisqu’il était question de sagesse et de philosophie, autant y mettre des mots, vos mots qui portent à la réflexion par leur universalité, guidant la conscience de l’homme tel un phare. C’est sur une bague en argent qu’apparaît : « Aimons-nous quand même ».

C’était absolument incontournable !

Cette bague, je l’ai voulue très significative. D’abord les bordures de celle-ci sont ondulées, rappelant des vagues pour signifier l’apaisement, la sérénité, la paix. Pour unifier votre parole d’amour et la quiétude de votre esprit, se joignent les quatre femmes de votre vie, représentées par leurs pierres de naissance respectives.

Mme Richards m’avait d’emblée parlé de Charlie Chaplin, pour qui vous avez une grande admiration. Ce n’est que plus tard, lorsqu’elle fit mention de votre père et d’un film projeté sur le mur de la cuisine que l’idée s’imposa dans mon esprit et que finalement tout s’emboîta dans un seul et même concept, la pellicule.

Et là je dis merci Mme Richards de m’avoir si bien inspiré!

La pellicule de film représente beaucoup, c’est en quelque sorte le film de votre vie où l’on peut apercevoir douze faits saillants de celle-ci, mais c’est aussi l’idée qui m’inspira le nom de votre bâton.

Comme premier fait saillant, 1935  l’année de votre naissance, ça commence plutôt bien un film.

Puis ensuite, 1940 l’année de vos cinq ans, l’année également où par l’entremise de votre père Charlie Spencer Chaplin entra dans votre vie. L’année où sans le savoir votre père eut une influence déterminante sur le cour de votre vie. Soixante six ans plus tard, le geste de votre père de présenter un film sur le mur de la cuisine se répercute dans ce bâton.

Les années passent et vînt 1967, pour le commun des mortels,  67 c’est l’année de l’expo, mais pour vous ce fut l’année « bingo » avec l’avènement de Mme Richards dans votre vie. Et encore là, il est facile de penser à une certaine influence, car lorsque l’on partage sa vie avec quelqu’un, on partage aussi ses idées, ses valeurs.

La Société Radio-Canada, un endroit déterminant, vous ramène à vos débuts, elle apparaît sur la pellicule précédant un événement qui encore une fois eut une influence marquante sur la collectivité Québécoise : « L’Osstidcho».

Votre générosité et votre côté humaniste était à souligner également, Le chaînon et Centre Sud, Défi souligne de belle façon cette facette de votre personnalité qui est toute à votre honneur.

Dans la prochaine fenêtre, un record, P.D.A. 500 pour vos nombreuses prestations sur les mêmes planches soir après soir.

Suivent trois années marquantes de votre vie, 1978, 1980, 1986 vous étiez alors définitivement devenu en minorité, mais de belle façon!

Charlie Chaplin apparaît à nouveau, mais en chanson : « Smile », que j’écoutais d’ailleurs en tapant ces lignes. Mme Richards m’avait envoyé, par l’entremise d’Internet, son interprétation à elle de « Smile ».

Comment passer sous silence le fait suivant : Larousse, le dictionnaire qui vous immortalise dans la même page que votre ami Devos.

Et la dernière fenêtre, elle vient sceller tous ces évènements et donner un sens à ma création. Elle nous ramène également au nom choisi pour votre bâton emblématique. Influence est son nom, en raison de celle que vous avez reçu de votre père, de Chaplin, de votre conjointe, vos enfants, vos amis, vos collègues de travail.

Influence également pour celle qui émane de vous même et qui touche les gens qui vous entourent, qui vous côtoient, qui vous regardent et vous écoutent. Dans la dernière fenêtre donc, des chiffres et des lettres pêle-mêle, rappellent qu’une personne « x », née en l’année « x » aura reçu votre influence qui colorera son existence, celle d’un homme qui marqua son époque en s’immortalisant lui-même par la profondeur de ses propos.

Voilà M. Deschamps je devrais vous dire : mon travail se termine ici, mais non, il ne fait que commencer, car jamais plus je ne ferai de bâton sans penser à l’influence que l’on peut avoir sur autrui, jamais plus je ne ferai de bâton sans penser à celui que j’ai créé pour vous, car au-delà de mon travail j’aspire à une grandeur d’âme.

Bonne route et puissent nos chemins se croiser à nouveau.

Jacques Tardif

Artiste

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